Chronique du mois de juin 2016


Qui l’eût « crue » !

Décidément, le temps réserve bien des surprises ! Il n’y a plus de saisons dira-t-on ! C’est ce que devaient se dirent les contemporains de la Réforme au mois de juin 1523 lorsqu’il y eut des gelées et qu’il fallait à nouveau se chauffer. Et aujourd’hui, on est bien en droit de se demander ce qu’il advient du temps qui semble se dérégler.

D’ailleurs, les perturbations météorologiques questionnent toujours. Elles rappellent à l’homme qu’il n’est que peu de choses à l’échelle de la terre et que sa vie en dépend même si nous pensons pouvoir tout contrôler.

Et l’histoire du protestantisme a elle aussi été très influencée par le climat. En 1815, naît la Mission de Bâle ou mission bâloise, de son nom complet Société évangélique des missions de Bâle. Un organisme protestant qui agira aux quatre coins du monde et qui rayonne encore aujourd’hui. Elle est l’exemple de la mission protestante et son action aujourd’hui témoigne de la vision missionnaire de nos églises issues de la Réforme.

Sa naissance est une réponse à un événement climatique majeur de l’année 1815, à savoir l’irruption du volcan Tambora en Indonésie. Le climat tout entier de la Terre en sera perturbé. Les cendres répandues dans l’atmosphère provoqueront un refroidissement général au point que même en Europe on connaîtra de nombreuses famines et on parlera d’une année 1815 « sans été » !

Dans un fort contexte piétiste, on y verra le signe de la fin des temps et de fait l’urgence d’annoncer l’Evangile au plus grand nombre, objectif que s’est donné la Mission de Bâle.

Doit-on attendre un tel événement climatique pour annoncer l’Evangile ?

©Sanja Gjenero

©Sanja Gjenero

Un contexte angoissant provoque souvent un retour vers la foi, comme ce qui a pu être observé durant la Seconde Guerre Mondiale. Toutefois, ne faisons pas de la foi un anxiolytique. La foi n’ôte pas les peurs du monde et n’assure pas une guérison de l’angoisse. Le chrétien n’est pas moins soumis aux peurs du monde et de l’avenir qu’une personne qui se dirait athée.

La foi est toute autre. Elle est réponse à une joie, celle de Dieu pour chacun de nous. Ou, comme le disait Paul Tillich, est le courage de vivre malgré l’angoisse, la joie de vivre dans le monde tel qu’il est. Dieu a un amour sans limites pour l’être humain au point qu’il rejoindra l’homme en Jésus-Christ pour en témoigner. Dès lors, malgré les événements du monde, le chrétien est invité à témoigner de sa foi avec joie. De l’amour qui lui est donné par Dieu.

Sans entrer dans l’illusion d’un monde plus beau qu’il ne l’est, nous sommes invités à témoigner avec assurance de cet amour. Nous pouvons le faire de différentes manières. En accompagnant ceux qui sont en difficultés et en ne cédant pas aux angoisses qui provoquent des séparations dans la société.

Mais aussi, en faisant des fêtes qui dans la Bible ont leur importance et sont nombreuses. Elles ont aussi pour rôle de canaliser les angoisses et de recentrer la vie sur l’essentiel. A savoir la rencontre entre les hommes et les femmes, et la rencontre avec Dieu.

Entre la Pâque (Exode 12), la fête du pain sans levain (Matsoth, Exode 23 vv14-17), la fête des moissons (Chebouoth, Exode 34), la fête des Récoltes (1 Samuel 1vv1-20 ; 1 Rois 8), et bien d’autres fêtes encore, la vie du croyant est rythmée par les fêtes. De plus, nous oublions bien souvent que le culte dominical est lui aussi une fête même s’il n’a pas le même caractère exceptionnel.

Alors, faisons la fête !

Ce mois-ci, nous sommes invités à le faire avec les plus jeunes de notre secteur le 5 juin à partir de 10h au temple de Sarrebourg. Une fête pour montrer notre joie et passer un agréable moment, mais aussi pour témoigner de notre soutien pour les jeunes générations qui en ont bien besoin. Et plus tard, le 26 juin à partir de 10h à Abreschviller, nous sommes invités à fêter la fin d’année avec la paroisse et profiter d’un repas-partage. Deux occasions de faire un pied de nez aux angoisses et de vivre la joie  !

Benjamin Buchholz

« Ma force et mon chant, c’est le Seigneur. Il a été pour moi le Salut » (Exode 15v2)