Le temple de Dieuze


Le premier temple de Dieuze

Ce n’est qu’après la Révolution française que l’on commence à trouver des protestants à Dieuze. Mais, jusqu’à la fin du XIXe siècle, ils ne possédaient pas encore d’édifice religieux. Le premier culte protestant à Dieuze fut présidé par le pasteur de Sarrebourg le 26 décembre 1845. Il s’est tenu dans une salle de la mairie.

Dans une lettre du 29 décembre 1868, le pasteur Schmitt, président du consistoire de Nancy dont dépendait alors Dieuze, informa le conseil municipal que « les protestants de Dieuze ont conçu le projet d’ériger un temple à leur usage au faubourg de Nancy. »

vue de l'ancien temple protestant de Dieuze
Le premier temple protestant construit à Dieuze

La construction de ce premier temple, qui n’était qu’une simple salle de prière dépourvue de clocher, commença en 1869, avenue Foch, près de l’entrée du parc d’activité des Salines. Les travaux furent achevés en 1872, juste après l’annexion de la Moselle par l’Allemagne. Mais du fait, justement, de l’annexion, le temple ne pouvait plus dépendre du consistoire de Nancy ;  on le rattacha alors à la paroisse de Sarrebourg, et un vicaire fut nommé à Dieuze en 1873. Les cultes y eurent lieu deux fois par mois, alternativement en français et en allemand, jusqu’en 1874.

La construction du temple actuel

vue du temple protestant de Dieuze vers 1910
Le temple actuel, vers 1910

L’annexion avait cependant fait affluer une importante population germanique de confession protestante dans la ville de Dieuze, devenue ville de garnison ; et le temple s’est très vite avéré trop petit pour accueillir tous les fidèles. Le bâtiment, construit sur une zone minière, exigea en outre déjà des réparations en 1885. Aussi décida-t-on d’ériger un nouvel édifice. En mars 1899, le conseil municipal donna son accord à un projet d’échange entre le conseil presbytéral de la communauté protestante et la Saline. Cette dernière offrit un terrain faisant autrefois partie des jardins de l’Hôtel-Dieu, qui lui appartenait depuis 1862, en échange du temple endommagé. En 1900, le conseil presbytéral demanda à la ville de prendre à sa charge la construction du nouveau temple et de devenir ainsi propriétaire du bâtiment. La ville ne put prendre cette dépense en charge, mais accorda cependant une subvention.

La première pierre du nouveau temple, de style néo-gothique, fut posée le 21 mai 1903. C’est l’architecte de l’arrondissement de Sarrebourg, Joseph Ernst (qui avait déjà réalisé les temples d’Avricourt, de Sarrebourg et d’Abreschviller) qui en a élaboré les plans. Le document intégré dans la pierre d’angle datée de 1903 (à droite de l’entrée) indique les noms des donateurs et des personnes ayant contribué à l’élaboration et à la construction de l’édifice. On confia la construction de l’orgue à la maison Dalstein-Haerpfer, de Boulay-sur-Moselle. L’entreprise livra un instrument au carrefour des influences française et allemande, doté de dix jeux répartis entre deux claviers et un pédalier. Le buffet est plat et sobre, avec peu de reliefs.

Après dix-huit mois de travaux, le temple fut inauguré le 1er novembre 1904.

Les vicissitudes de l’édifice

En 1917, comme dans le reste de la Moselle, l’armée allemande réquisitionna les cloches du temple et les tuyaux de façade de l’orgue. Après la première guerre mondiale, des tuyaux provisoires, en zinc, vinrent remplacer les tuyaux de l’orgue manquants. Et, le 11 octobre 1925, on hissa deux nouvelles cloches dans le clocher pour rythmer la vie de la paroisse. On leur donna le nom « La Paix » et « La Fraternité ».

Le 28 octobre 1934, à l’occasion de la fête de la Réformation, le pasteur Pannier-Schloesing de l’Université de Strasbourg inaugura, dans l’entrée du temple, une plaque commémorative en l’honneur du pasteur Musculus, théologien et réformateur né à Dieuze en 1497.

cloches du temple protestant de Dieuze
« La Paix » et « La Fraternité » (1925)

Puis vint la seconde guerre mondiale, qui endommagea gravement le temple : le clocher, les vitraux et le chœur subirent de gros dégâts, et une des cloches dut retourner à la fonderie pour réparation. La quasi-totalité des archives du conseil presbytéral brûlèrent également. On ne put à nouveau célébrer le culte dans le temple que dans les années 1950, après restauration de l’édifice.

La tempête de décembre 1999, enfin, endommagea à nouveau le temple, et abattit son clocher. Sa reconstruction, commencée en novembre 2001, s’acheva au début de l’année suivante. Dans le même temps, on compléta la décoration intérieure par des fresques. La principale est une composition intégrant des grappes de raisin, du pain et des poissons derrière l’autel ; on trouve aussi un bateau œcuménique, à droite du chœur.

temple protestant de Dieuze
Le temple de Dieuze, vue actuelle
fresque au temple de Dieuze
Le bateau œcuménique, fresque du temple de Dieuze
Fresque du temple de Dieuze - pain, épis, raisins et poissons
Les pains et les poissons, fresque du temple de Dieuze

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