Le protestantisme


L’identité protestante

Jean Calvin

Jean Calvin (1509-1564)

Martin Luther

Martin Luther (1483-1546)

Le protestantisme est né de la Réforme. Celle-ci a été initiée en 1517 par Martin Luther, puis par Jean Calvin et quelques autres, en réaction contre certaines positions de l’Église catholique romaine de l’époque.

Le mot « protestant » a d’abord été péjoratif. Il a, en effet, initialement été donné par les opposants à la Réforme aux princes allemands qui refusaient le ralliement forcé au catholicisme. Mais les adeptes de la Réforme se sont très vite approprié l’appellation, dont la définition (vieillie ou littéraire) est : Exprimer avec certitude, promettre avec force (à quelqu’un) que quelque chose est vrai, que quelque chose existe. Les protestants affirment ainsi leur croyance et revendiquent de faire profession de leur foi.

L’identité confessionnelle du protestantisme (on parle de religion chrétienne et des confessions catholique, orthodoxe et protestante) ne se dit pas à travers un appareil doctrinal, mais elle s’exprime essentiellement dans une Déclaration de foi.

Cette déclaration s’inscrit dans la fidélité à d’autres confessions de foi telles que le Symbole des Apôtres (Credo), les Symboles œcuméniques (tels que le Symbole de Nicée-Constantinople), ou encore la Confession de foi de La Rochelle (1559). Il convient de se rapporter aussi à la Déclaration de foi de l’Église réformée de France, approuvée en 1938.

 


Les principes du protestantisme

La Bible, temple de SarrebourgIl n’y a pas à proprement parler de dogmes dans le protestantisme ; mais on peut considérer que tout protestant se retrouve dans les sept affirmations suivantes :

 

À Dieu seul la gloire (Soli Deo Gloria)

Rien n’est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu, affirment les protestants. Ces derniers sont donc vigilants envers tout parti, valeur, idéologie ou entreprise humaine prétendant revêtir un caractère absolu, intangible ou universel.

Parce que Dieu est un Dieu de liberté, qui appelle une libre réponse de la part de l’être humain, les protestants sont favorables à un système social qui respecte la pluralité et la liberté des consciences.

 

La grâce seule (Sola Gratia)

Les protestants affirment que la valeur d’une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l’amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable.

L’Homme n’a donc pas à mériter son salut en essayant de plaire à Dieu. Dieu lui fait grâce, sans condition. Cet amour gratuit de Dieu rend l’Homme apte, à son tour, à aimer ses semblables, gratuitement.

 

La foi seule (Sola Fide)

La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre peut surgir brusquement dans la vie d’un individu. Le plus souvent, elle est l’issue d’un long cheminement parsemé de doutes et d’interrogations.

Mais la foi est offerte par Dieu, sans condition. Tout être humain est appelé à la recevoir dans la liberté. Elle est la réponse humaine à la déclaration d’amour faite à tous par Dieu, dans la parole biblique, en Jésus-Christ.

 

La Bible seule (Sola Scriptura)

Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible. Elle seule peut nourrir leur foi ; elle est la référence dernière en matière théologique, éthique, institutionnelle. A travers les témoignages humains qu’elle nous transmet, la Bible est la Parole de Dieu.

Les textes bibliques dessinent des principes généraux à partir desquels chaque protestant, pour ce qui le concerne, et chaque Église, collégialement, tracent l’espace de leur fidélité.

 

Le Christ seul (Solus Christus)

La prédication protestante ne repose pas sur une fidélité aux doctrines d’un magistère ou d’une Tradition. Luther pensait que la grille de l’interprétation biblique réside uniquement dans ce que les Évangiles et les épîtres pauliniennes disent de Jésus-Christ, et en particulier dans l’épître aux Romains.

Ainsi, le salut de l’âme passe nécessairement par le Christ, et par lui seul : “En effet, il y a un seul Dieu et il y a aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, Jésus-Christ.” (1 Timothée: 2.5) Les protestants pensent donc que le salut ne peut passer par d’autres médiations, telles que des prières adressées aux saints, ou encore des reliques.

 

Se réformer sans cesse (Ecclesia semper reformanda)

Les Églises rassemblent dans une même foi et espérance tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui confessent explicitement le Dieu de Jésus-Christ comme celui qui donne sens à leur vie.

Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. “Elles peuvent se tromper” disait Luther. En référence à l’Évangile, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique et interrogateur sur leur propre fonctionnement. Chacun doit y prendre sa part de responsabilité et être témoin de la fidélité à la parole divine.

 

Le sacerdoce universel

Parmi les principes les plus novateurs de la Réforme, le sacerdoce universel des croyants instaure une place identique, au sein de l’Église, à chaque baptisé. Pasteurs et laïcs se partagent le gouvernement de l’Église. Les pasteurs n’ont pas de statut à part dans l’Église. Ils y exercent une fonction particulière à laquelle des études universitaires de théologie les ont conduits. Dans un esprit d’unité, ils assurent en particulier le service de la prédication et des sacrements, l’animation de la communauté au sein de laquelle ils exercent leur ministère, l’accompagnement, l’écoute et la formation théologique de ses membres.

 [Source : portail de la Fédération Protestante de France]

 

 

 

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