Restauration de l’orgue de Sarrebourg : un nouveau souffle


Le chantier de restauration de l’orgue de Sarrebourg a débuté il y a bientôt deux mois. L’occasion de faire le point, à mi-parcours des travaux.

Dietmar Schömer, travaillant à la restauration de l'orgue Walcker du temple protestant de Sarrebourg.

Un nouveau ventilateur pour un nouveau souffle

C’est véritablement un nouveau souffle qui est redonné à notre orgue. La semaine dernière, l’équipe de restauration a en effet installé un nouveau ventilateur destiné à produire l’alimentation en air de l’instrument.

À lire aussi : L’orgue Walcker du temple de Sarrebourg.

Nous vous en avons déjà parlé dans un précédent article : l’ancien ventilateur qui alimentait notre orgue en air, âgé de 80 ans, a rendu l’âme. Fortement attaqué par la corrosion, qui avait même cassé certaines pièces, il avait aussi l’inconvénient d’avoir une grosse consommation électrique. Pour couronner le tout, sa localisation dans les combles du temple (car trop bruyant pour être placé, lors de son installation en 1939, dans la tribune) avait également pour conséquence d’envoyer dans l’instrument de l’air trop froid en hiver et trop chaud en été. Une situation qui va à l’encontre du chauffage du temple, en plus d’occasionner des chocs thermiques dommageable à la mécanique et aux pièces de bois de l’instrument.

Le 18 avril dernier, les restaurateurs ont installé un nouveau ventilateur. Non plus dans les combles, cette fois, mais dans un caisson insonorisé spécialement construit par l’équipe de restauration, directement dans la tribune, à gauche de l’orgue. L’engin est également moins gourmand en électricité que son prédécesseur. Insérée dans un boîtier en fonte et en aluminium, la nouvelle pièce a une vitesse de rotation de 2800 tours par minute, une puissante de 74 kW, et est capable de propulser 21 m3 d’air par minute. Il a été relié à l’orgue par un nouveau canal de transmission de l’air, spécialement construit en bois massif par la société Schömer, pour respecter l’esprit de la société Walcker qui a construit l’instrument en 1898.

Un travail sur les cuirs long et minutieux

En parallèle, la société Schömer qui effectue les travaux restaure actuellement les deux canaux en accordéon qui assurent la transmission de l’air du grand soufflet. Les cuirs qui les composent doivent être minutieusement remplacés, de façon parfaitement étanche : 120 heures de travail sont nécessaires à la restauration de chacun de ces deux canaux !

Enfin, notons que le choix des cuirs (lapin, agneau, chèvre, cerf…) est fait avec une grande minutie. Certains doivent être plus épais, mais d’autres, qui équipent de délicats petits soufflets (près de 1000 !) doivent quant à eux avoir moins de 3 mm d’épaisseur. Toute l’étanchéité des différents soufflets est à revoir : en tout, il y a plus de 620 trous à boucher…

Tous les collages sont effectués selon les méthodes historiques, avec de la colle chaude (colle de gélatine d’os et colle de peau). Pour l’anecdote, le cuir de chèvre qui a été utilisé pour fabriquer les sacs reliant le caisson insonorisé au canal de bois a dû être importé des États-Unis ! La raison ? Les chèvres européennes sont trop sujettes aux piqûres de tiques pour que leur peau garde l’étanchéité nécessaire au passage de l’air !

Un des relais de l’orgue, constitué de soufflets miniatures (les rectangles blancs) équipés de cuirs de moins de 3 mm d’épaisseur.

La fin du mois sera consacrée au nettoyage et à la fermeture du soufflet principal restauré. Il faudra encore ré-emballer les briques qui servent de poids tout autour du soufflet principal, pour le faire retomber correctement. On mettra ensuite à contribution le nouveau souffle du ventilateur pour vérifier qu’il ne reste plus aucune fuite dans la soufflerie de l’instrument.

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